Tout ce que le site couvre sur ce thème, à travers les normes, les processus et les logiciels.20 guides pour l'aborder sous tous les angles.
Une maquette peut être irréprochable à l'écran et inutilisable en aval. Elle peut être visuellement grossière et parfaitement exploitable. La propreté d'un modèle ne se juge pas en le regardant : elle se juge à ce que les autres peuvent en faire.
Quatre-vingts pages recopiées d'un autre projet, et sur le chantier personne ne sait quelle propriété remplir. Une convention utile n'est pas un document bien rédigé : c'est une série de décisions qu'on peut opposer à quelqu'un le jour d'un désaccord.
Un relevé mesure ce qui existe. La maquette qu'on en tire est une suite de décisions sur ce que ces mesures veulent dire : ce mur penché, on le redresse ou on le garde penché ? Personne n'écrit jamais la réponse, et c'est pourtant elle qui décide si le modèle sert à quelque chose.
Le maître d'ouvrage doit exprimer ses besoins d'information avant même de savoir ce qu'il pourra en faire. D'où des cahiers des charges recopiés, qui exigent beaucoup et obtiennent peu. La méthode tient en une inversion : partir de la fin.
On lit la partie 2 comme un inventaire de documents à produire. C'est une séquence, et chaque document n'est que le résidu d'une étape. La première ne mobilise personne d'autre que le maître d'ouvrage, ce qui explique pourquoi c'est celle qu'on saute, et pourquoi tout le reste devient invérifiable.
Sans exigences écrites à l'avance, un audit n'est qu'un avis, et le producteur a le droit de ne pas être d'accord. Voici les quatre familles de contrôle, dans l'ordre où elles se mènent, et ce qui sépare un audit qui améliore d'un audit qui indispose.
Un même acronyme pour deux notions, des paliers américains détournés de leur sens, et une norme récente qui démonte toute l'approche. Le niveau d'information ne se décrète pas globalement : il se définit par objet, par usage et par jalon.
On le range parmi les visionneuses, et c'est le rater complètement. Solibri ne sert pas à regarder une maquette : il sert à la confronter à un règlement et à dire, objet par objet, ce qui passe et ce qui ne passe pas. Comprendre l'outil, c'est comprendre ce qu'est une règle, et pourquoi certaines ne s'écrivent qu'ici.
Quatre sigles qui ressemblent à de la bureaucratie normative, et qui répondent pourtant à une question très concrète : d'où vient cette exigence, et qui a le droit de la changer ? Comprendre la chaîne, c'est cesser de réinventer ses besoins à chaque projet.
L'EIR dit ce dont on a besoin, la convention dit comment on travaille. Entre les deux et la réalité, il manque un chaînon que presque tout le monde saute : le calendrier des livraisons d'information. Sans lui, « on livrera du BIM » n'a ni dates, ni auteurs, ni ordre. Le TIDP et le MIDP sont ce calendrier, et ils ne sont rien d'autre que de la planification appliquée à l'information.
Uniclass, OmniClass, Uniformat, MasterFormat : on cherche à choisir « la bonne », et c'est déjà se tromper. Un même mur est un système fonctionnel pour qui conçoit, un produit à acheter pour qui construit, un ensemble à maintenir pour qui exploite. Ce ne sont pas des systèmes concurrents, ce sont des angles de lecture.
Une seule phrase, écrite au départ par un maître d'ouvrage, suivie à travers les cinq pièces contractuelles d'une opération. À chaque étape elle doit être retraduite par quelqu'un d'autre, dans un autre document. Là où la traduction manque, elle s'évapore, et personne ne s'en aperçoit avant la livraison.
Un premier projet BIM rate rarement sur le logiciel ou la modélisation. Il rate sur des décisions prises avant que quiconque ouvre un outil : trop d'ambition, aucun usage défini, un retour sur investissement attendu tout de suite. Les vrais pièges ne sont pas techniques, ils sont dans la tête de ceux qui lancent le projet.
La Belgique n'a pas imposé le BIM dans ses marchés publics. Ce vide réglementaire n'est pas un vide tout court : le secteur a construit son propre cadre, et ce qui vous engage n'est pas une loi mais ce que votre client écrit dans son marché.
La plupart des checklists BIM n'en sont pas : ce sont des inventaires de soixante lignes qu'on lit une fois et qu'on n'ouvre plus. Une vraie checklist ne liste pas ce qu'il faut faire, elle liste ce qu'on oublie sous pression, et elle est attachée à un moment précis.
« Le BIM devient obligatoire » circule depuis dix ans et reste faux. Le droit français dit exactement l'inverse : l'acheteur peut l'exiger. Voici ce que le texte permet réellement, ce que les plans nationaux ont laissé, et où le BIM est effectivement demandé.
Un cahier des charges dit « les murs porteurs doivent indiquer leur résistance au feu ». Deux personnes le lisent et le vérifient différemment ; un ordinateur ne peut pas le vérifier du tout. L'IDS traduit cette même exigence dans une forme que la machine exécute, avec le même verdict partout. C'est le chaînon qui manquait entre écrire une exigence et la contrôler.
On attend du 5D qu'il chiffre. Il ne chiffre pas. Il extrait des quantités géométriques, et le standard IFC lui-même livre deux valeurs différentes pour le même mur. Entre ce que la maquette mesure et ce que l'entreprise facture, il reste une convention que presque personne n'écrit.
Un tableau vierge ne vaut rien : le travail n'est pas de le remplir, c'est de trancher qui approuve quoi. Ce modèle arrive donc pré-rempli avec une proposition défendable, et chaque arbitrage discutable est expliqué pour que vous puissiez le contredire.
« Faites du BIM » ne s'écrit pas dans un marché public comme dans un contrat privé. Le droit de la commande publique impose des règles, égalité, non-discrimination, proportionnalité, neutralité, qui décident de ce qui est légalement exigible. Les connaître protège l'acheteur d'un marché attaquable, et le candidat d'une exigence abusive.