Partez sur des bases solides : ce qu'est vraiment le BIM, comment l'information circule et qui fait quoi. Le socle qui rend tout le reste évident.
Trois personnes disent « on fait du BIM » et parlent de trois choses différentes, sans s'en apercevoir. Ce guide démêle d'abord ce malentendu, puis montre ce qui distingue réellement un objet de maquette d'une forme en 3D, et ce que la méthode ne résoudra pas.
Une information saisie une fois doit servir jusqu'à l'exploitation, sans jamais être retapée. Ce principe explique à lui seul pourquoi les normes, les processus et les logiciels BIM sont faits comme ils le sont. Le comprendre, c'est arrêter de subir le BIM.
La numérotation suggère une progression, comme si l'on gravissait des niveaux. C'est faux : un projet peut faire un excellent 4D et aucun 5D. Ce ne sont pas des paliers de maturité, ce sont des usages indépendants greffés sur la même maquette.
Un même acronyme pour deux notions, des paliers américains détournés de leur sens, et une norme récente qui démonte toute l'approche. Le niveau d'information ne se décrète pas globalement : il se définit par objet, par usage et par jalon.
Le même intitulé recouvre trois métiers différents selon l'entreprise, et deux offres d'emploi identiques décrivent des postes opposés. La seule façon de s'y retrouver : raisonner en fonctions à couvrir, pas en cartes de visite.
L'échelle de 0 à 3 est citée partout, y compris dans des cahiers des charges. Elle reste un bon outil pour situer une organisation. Mais elle est britannique, antérieure à l'ISO 19650, et la série n'emploie pas la notation « niveau 2 ». Voici ce qu'elle dit vraiment, et pourquoi le niveau 3 n'arrive pas.
On cherche « objets BIM gratuits », on télécharge celui d'un fabricant, on l'insère, et on vient de commettre une erreur qui n'a rien à voir avec la qualité du fichier : on a choisi un produit avant d'avoir décidé ce qu'on voulait. Il existe trois natures d'objets, et une seule convient à ce moment-là.
Le mot se vend cher et se galvaude vite. La plupart des « jumeaux numériques » proposés sont des maquettes avec un tableau de bord : utiles, mais pas des jumeaux. Un seul critère tranche, et il est exigeant : l'information redescend-elle vers le bâtiment, ou se contente-t-elle d'en remonter ?
On regarde une maquette et l'on voit un bâtiment en trois dimensions. C'est la partie visible, et c'est trompeur. Sous l'image se tient une base de données structurée, et la vue 3D n'en est qu'une lecture parmi d'autres : le plan, la coupe, la nomenclature, le fichier d'échange sont autant de fenêtres sur la même source. Comprendre cela, c'est cesser de confondre une maquette avec un beau dessin.
La plupart des discours sur le BIM s'adressent aux bureaux d'études, et le conducteur de travaux a raison de s'en méfier : on lui vend une méthode de conception quand il gère un chantier. Pourtant, la maquette lui sert, à une condition : cesser d'y voir un outil à produire pour y voir un outil à consulter. Il ne modélisera pas. Il lira, vérifiera, anticipera, et rendra au modèle ce que le terrain sait de la réalité.
Une réunion BIM déraille rarement sur les idées : elle déraille sur le vocabulaire. Trois sigles dans une phrase, et l'on perd le fil sans oser interrompre. Il n'y a pourtant pas deux cents mots à connaître, il y en a une vingtaine, et beaucoup désignent des choses simples derrière un habillage intimidant. Les voici, groupés par le moment où vous les entendrez, avec ce qu'ils veulent vraiment dire.