Pilotez le BIM avec assurance : convention / BEP, cahier des charges (EIR), contrôle qualité des maquettes et adhésion des équipes.
Quatre-vingts pages recopiées d'un autre projet, et sur le chantier personne ne sait quelle propriété remplir. Une convention utile n'est pas un document bien rédigé : c'est une <b>série de décisions</b> qu'on peut opposer à quelqu'un le jour d'un désaccord.
Le maître d'ouvrage doit exprimer ses besoins d'information avant même de savoir ce qu'il pourra en faire. D'où des cahiers des charges recopiés, qui exigent beaucoup et obtiennent peu. La méthode tient en une inversion : <b>partir de la fin</b>.
Sans exigences écrites à l'avance, un audit n'est qu'un avis, et le producteur a le droit de ne pas être d'accord. Voici les quatre familles de contrôle, dans l'ordre où elles se mènent, et ce qui sépare un audit qui améliore d'un audit qui indispose.
On traite la résistance comme un problème de mentalité, à dissoudre par de la pédagogie. C'est rarement le cas. Les gens qui freinent ont le plus souvent raison sur les faits : le BIM déplace l'effort vers l'amont, dévalue une expertise acquise et fait porter le coût à d'autres que ceux qui en tirent le bénéfice.
L'EIR dit ce dont on a besoin, la convention dit comment on travaille. Entre les deux et la réalité, il manque un chaînon que presque tout le monde saute : <b>le calendrier des livraisons d'information</b>. Sans lui, « on livrera du BIM » n'a ni dates, ni auteurs, ni ordre. Le TIDP et le MIDP sont ce calendrier, et ils ne sont rien d'autre que de la planification appliquée à l'information.
Un premier projet BIM rate rarement sur le logiciel ou la modélisation. Il rate sur des décisions prises <b>avant que quiconque ouvre un outil</b> : trop d'ambition, aucun usage défini, un retour sur investissement attendu tout de suite. Les vrais pièges ne sont pas techniques, ils sont dans la tête de ceux qui lancent le projet.
Déployer le BIM échoue rarement par manque de bonne volonté. Il échoue parce qu'on fait les bonnes choses dans le mauvais ordre, ou qu'on saute les étapes ingrates. Le modèle en huit étapes de John Kotter donne la <b>séquence</b> qui manque, à condition de l'appliquer au BIM sans en faire une recette magique.
« Quel est le retour sur investissement du BIM ? » n'a pas de réponse, et ce site ne vous donnera pas de pourcentage inventé. Non par prudence, mais parce que le chiffre unique est le mensonge le plus courant sur le sujet. Le coût et le gain existent bel et bien : encore faut-il savoir <b>qui les porte, et quand</b>.
« Faites du BIM » ne s'écrit pas dans un marché public comme dans un contrat privé. Le droit de la commande publique impose des règles, égalité, non-discrimination, proportionnalité, neutralité, qui décident de ce qui est <b>légalement exigible</b>. Les connaître protège l'acheteur d'un marché attaquable, et le candidat d'une exigence abusive.
Un cycle de coordination peut tourner parfaitement, réunions tenues, conflits détectés, et le projet ne pas converger pour autant. Piloter, ce n'est pas animer la réunion du jeudi : c'est lire, d'un étage au-dessus, <b>si l'on converge</b>, et décider à temps quand ce n'est pas le cas. Cela tient à quelques indicateurs et à quelques décisions.
Le réflexe est d'acheter une grosse formation logicielle pour tout le monde. C'est l'approche la plus chère et la moins efficace. On ne forme pas « l'équipe au BIM » : on forme <b>des personnes précises, sur des compétences précises, juste avant qu'elles en aient besoin</b>. Tout le reste est du gaspillage bien intentionné.