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Dalux, module par module : la plateforme qui entre par le chantier

La plupart des plateformes s'installent au bureau et espèrent atteindre le terrain. Dalux fait l'inverse : il commence par une application mobile gratuite et sans limite d'utilisateurs, puis remonte vers la gestion documentaire et l'exploitation. Cette inversion explique tout le reste : ses huit produits, son modèle économique, ses forces réelles et les limites qu'on découvre plus tard.

Lecture : 12 min8 produits décodésBox ou Field ?Ce que le gratuit engageAvantages et limitesMàJ : août 2026
La logique d'ensemble

Quatre familles, et une stratégie inversée

Comprendre Dalux suppose de saisir d’abord son point d’entrée. Là où une plateforme classique se déploie depuis la maîtrise d’œuvre vers l’aval, celle-ci commence par mettre un outil gratuit dans la poche de tous ceux qui sont sur site, puis étend son périmètre vers le bureau et l’exploitation.

Porte d'entrée

BIM Viewer · Field Basic

Les deux produits gratuits. Ils servent à faire entrer tout le monde, y compris les sous-traitants qui ne paieront jamais de licence.

Le chantier

Field · InfraField

Le cœur de l’outil : ce qui se constate, se corrige et se contrôle sur site. C’est là que Dalux est le plus abouti.

Le bureau

Box · Tender

La gestion des documents et des modèles, et la consultation des entreprises. Le versant qui ressemble le plus à un CDE classique.

L'après-chantier

Handover · FM

La remise au client puis l’exploitation. C’est ce qui distingue une plateforme de chantier d’une plateforme de cycle de vie.

Pourquoi cette inversion change tout

Une plateforme ne réussit pas parce qu’elle a les bonnes fonctions, mais parce que les gens l’ouvrent. En rendant l’accès gratuit et illimité pour les intervenants de terrain, Dalux règle le problème d’adoption qui fait échouer la plupart des déploiements, et que décrit le suivi de chantier numérique. Tout le reste de son architecture découle de ce choix, ses forces comme ses dépendances.

Le détail, produit par produit

Les huit produits, un par un

Ce que fait chacun, ce à quoi il se relie, et s’il est gratuit ou non. Filtrez par famille pour vous repérer.

BIM Viewer

Gratuit · Visionneuse
À quoi ça sert : consulter modèles 3D et plans 2D sur téléphone, tablette ou navigateur, sans licence. C’est la vitrine technique de l’éditeur, et sa fluidité sur mobile explique en grande partie sa diffusion sur les chantiers.
Comment l'utiliser
  • Combiner 2D et 3D sur un même écran, en extérieur, sans ordinateur.
  • Consulter les propriétés des objets et prendre des mesures.
  • Des connecteurs depuis les principaux logiciels de modélisation.

Field Basic

Gratuit · Réserves
À quoi ça sert : relever et suivre des réserves, avec plans et maquette, gratuitement. Création de tâches illimitée et invitation d’un nombre illimité de participants : c’est le produit qui fait entrer les sous-traitants.
Comment l'utiliser
  • Créer une tâche localisée, l’assigner, y joindre des photos.
  • Suivre les statuts jusqu’à la levée.
  • L’entreprise invitée répond depuis son mobile, sans rien payer.

Field

Payant · Qualité, sécurité
À quoi ça sert : piloter les processus de chantier au-delà de la réserve isolée : assurance qualité, santé et sécurité, conformité. C’est la version structurée de Field Basic, celle qui organise le contrôle au lieu de le subir.
Comment l'utiliser
  • Plans d’inspection : une liste de points prédéfinis à contrôler, approuvés ou rejetés.
  • Checklists, registres de sécurité, réunions, tâches récurrentes.
  • SiteWalk : capture du chantier en 360° depuis une caméra portée sur le casque, images positionnées automatiquement, comparables entre deux dates ou avec la maquette.

InfraField

Payant · Infrastructures
À quoi ça sert : la déclinaison de Field pour les ouvrages linéaires (routes, réseaux, voies). Un chantier linéaire ne se repère pas par étage et par local, mais par point kilométrique et par tronçon : la logique de localisation change.
Comment l'utiliser
  • Qualité et sécurité sur des emprises étendues.
  • Repérage géographique plutôt que par niveau de bâtiment.

Box

Payant · Documents et modèles
À quoi ça sert : la gestion documentaire et le partage des modèles. C’est le versant CDE de la plateforme : dépôts, versions, circuits de diffusion, droits d’accès, comparaison de plans.
Comment l'utiliser
  • Circuits de diffusion des fichiers et tableaux de suivi.
  • Comparaison de deux versions d’un plan.
  • Validation de modèles : contrôle des propriétés et métadonnées manquantes, avec un connecteur depuis le logiciel de modélisation.

Tender

Payant · Consultation
À quoi ça sert : gérer la consultation des entreprises et l’évaluation des offres pour les lots d’un projet. Le module le moins lié au BIM, mais celui qui referme la boucle entre ce qui est décrit et ce qui est acheté.
Comment l'utiliser
  • Constituer les dossiers de consultation par lot.
  • Comparer les offres reçues.

Handover

Payant · Remise au client
À quoi ça sert : collecter au fil du chantier ce que le client devra recevoir, puis le livrer sous forme exploitable. C’est le module qui transforme une masse de données de chantier en dossier de remise.
Comment l'utiliser
  • Collecte progressive plutôt que reconstitution en fin de chantier.
  • Production de rapports et export au format COBie.

FM

Payant · Exploitation
À quoi ça sert : exploiter le patrimoine une fois le bâtiment livré : équipements, documents, ordres de travail, maintenance. La phase la plus longue de la vie d’un ouvrage, et celle où la donnée du chantier prend enfin sa valeur.
Comment l'utiliser
  • Registre des équipements et de leurs documents.
  • Ordres de travail et demandes d’intervention.
Comment tout circule

Les deux flux qui relient les produits

Comme dans toute plateforme, rien n’a de valeur isolément : ce qui compte est la continuité. Dalux organise deux trajets, et c’est le second qui justifie la suite complète.

Flux 1 · Du bureau vers le terrain (la boucle qualité)
Box
Modèles et plans diffusés
BIM Viewer
Consultation mobile sur site
Field
Tâches et inspections localisées
SiteWalk
État réel photographié et daté
Flux 2 · Du chantier vers l'exploitation (la continuité qui manque ailleurs)
Field
Équipements posés et contrôlés
Handover
Dossier collecté, export COBie
FM
Maintenance et ordres de travail

Ce que ce second flux vaut réellement

C’est l’argument le plus solide de la plateforme, et le plus difficile à vérifier avant de s’engager. Une donnée saisie sur le chantier peut servir vingt ans plus tard en exploitation, sans ressaisie : c’est précisément la promesse du cycle de vie de la donnée. Encore faut-il que le client final utilise le module d’exploitation. Si l’exploitant travaille sur un autre outil, cette continuité se rompt et la plateforme redevient un excellent outil de chantier, ce qui reste très bien, mais n’est plus le même achat.

La distinction la plus importante

Box ou Field : la confusion qui fait acheter de travers

C’est l’erreur la plus fréquente à la découverte de la plateforme, et elle coûte cher parce qu’elle porte sur le périmètre acheté. Les deux produits ne répondent pas à la même question, et l’un ne remplace jamais l’autre.

📁 Box

« Quelle est la version qui fait foi ? »
  • Objet géré : le document et le modèle.
  • Question traitée : diffusion, versions, droits, statut.
  • Utilisateurs principaux : maîtrise d’œuvre, BIM manager, gestion documentaire.
  • Rythme : à chaque publication ou révision.
  • Sans lui : personne ne sait quelle version est la bonne.

🔨 Field

« Que se passe-t-il réellement sur le site ? »
  • Objet géré : la tâche et le constat, localisés dans l’espace.
  • Question traitée : conformité, sécurité, réserves, avancement.
  • Utilisateurs principaux : conduite de travaux, entreprises, contrôleurs.
  • Rythme : quotidien, sur site, souvent sur mobile.
  • Sans lui : les constats repartent en photos et en courriels.
CritèreBoxField
Ce qu’on y rangeFichiers, plans, modèlesTâches, inspections, observations
Nature de l’informationDocumentaire et versionnéeÉvénementielle et localisée
Où on l’utiliseAu bureau, sur écranSur site, sur mobile
Qui l’alimenteCeux qui produisent les livrablesCeux qui exécutent et contrôlent
Version gratuiteNonOui, Field Basic
Équivalent normatifLe CDE de l’ISO 19650Aucun : c’est du processus chantier

La règle qui évite l'erreur d'achat

Field ne remplace pas un CDE, et Box ne remplace pas un outil de terrain. Une organisation qui n’achète que Field se retrouve sans référentiel documentaire opposable et devra en tenir un ailleurs, avec le risque de double vérité que décrit la gestion documentaire de chantier. À l’inverse, n’acheter que Box revient à s’équiper d’un CDE de plus, sans capter ce qui fait la valeur propre de cette plateforme.

Ce que le gratuit engage

Les offres, et le modèle économique derrière

Deux produits gratuits, six payants : cette répartition n’est pas commerciale par hasard. Elle dessine précisément où passe la frontière entre constater et piloter.

Le gratuit couvre la consultation et le constat : voir un modèle, relever une réserve, l’assigner, la suivre. Sans limite d’utilisateurs, ce qui est la clé de l’adoption : un sous-traitant peut participer pleinement sans jamais rien payer. Le payant commence exactement là où l’on veut organiser le contrôle plutôt que le subir : plans d’inspection prédéfinis, registres de sécurité, gestion documentaire, remise et exploitation.

1

Field Basic, gratuit

Tâches et invitations illimitées, plans et maquette inclus. Suffisant pour un suivi de réserves honnête sur un petit projet.

2

Field Standard

Le palier qui introduit le contrôle planifié, dont les plans d’inspection : on ne réagit plus, on vérifie ce qui était prévu.

3

Field Pro

Le palier le plus complet du volet chantier, avec notamment le suivi des écarts sur les plans d’essais.

La question à poser avant de signer

Le modèle économique est sain, mais il faut le lire dans le bon sens : c’est l’organisation qui pilote qui paie, et elle paie pour la structure du contrôle, pas pour l’accès. La bonne question n’est donc pas « combien d’utilisateurs », puisque les invités sont gratuits, mais « ai-je besoin de contrôles planifiés, ou seulement de réserves ? ». Beaucoup d’équipes achètent un palier dont elles n’utiliseront jamais les plans d’inspection, faute d’avoir écrit ce qu’elles voulaient contrôler. Ce cadrage se fait en amont, dans la convention BIM.

L'honnêteté nécessaire

Ce que la plateforme fait bien, et ce qu’elle vous engage à accepter

Aucun outil n’est bon ou mauvais dans l’absolu : il a un profil. Voici le sien, sans superlatif commercial, pour que la décision se prenne les yeux ouverts.

💪 Ce qui est réellement fort

Des atouts difficiles à répliquer
  • L’adoption sur le terrain : gratuité et invitations illimitées lèvent l’obstacle qui fait échouer la plupart des déploiements.
  • L’expérience mobile, pensée pour une main gantée en extérieur plutôt que pour un écran de bureau.
  • La continuité jusqu’à l’exploitation, du constat de chantier au dossier de remise puis à la maintenance.
  • SiteWalk : un état daté et photographié du réel, comparable avec la maquette, redoutable en cas de litige.
  • Un périmètre couvert de bout en bout, sans jonction entre outils à maintenir.

⚠️ Ce qu'il faut accepter

Des contreparties structurelles, pas des défauts
  • Vos données vivent chez l’éditeur. C’est la condition de l’accès mobile, mais cela se décide en connaissance de cause, cf. l’ISO 19650-5.
  • Le gratuit s’arrête là où le contrôle commence : bâtir un processus qualité sur Field Basic mène vite au palier payant.
  • Une suite intégrée crée une dépendance : la continuité qui fait sa valeur rend aussi la sortie coûteuse.
  • Ce n’est pas un moteur de règles : la validation porte sur les propriétés et métadonnées, pas sur l’analyse géométrique poussée d’un outil comme Solibri.
  • Un environnement propriétaire : on suit le rythme et les choix de l’éditeur.

La question de sortie, à poser avant l'entrée

Pour toute plateforme hébergée, la question décisive est la même : que puis-je récupérer, sous quelle forme, le jour où j’arrête de payer ? Un export exploitable et rattachable, ou une archive de PDF qui ne se relie plus à rien ? Elle ne figure jamais dans une démonstration commerciale, et elle décide de ce qui restera de plusieurs années de saisie. Le raisonnement complet est dans choisir sa chaîne d’outils.

Tout s'articule

Un chantier réel, du plan diffusé à la maintenance

Prenons comme exemple une centrale de traitement d’air posée en toiture. Suivez l’information à la trace, produit par produit.

Le modèle est diffusé

Le bureau d’études dépose la maquette des fluides dans Box, avec sa version et ses droits d’accès. La validation de modèle signale au passage les équipements dont les propriétés sont incomplètes.

Box

Les équipes le consultent sur site

En toiture, le conducteur ouvre le modèle sur sa tablette et vérifie l’implantation réelle par rapport à ce qui était prévu, sans ordinateur ni licence.

BIM Viewer

Un écart est constaté

Le socle est mal positionné : une tâche localisée est créée, photo à l’appui, et assignée à l’entreprise, qui répond depuis son mobile sans licence.

Field Basic

La pose est contrôlée, pas seulement constatée

Un plan d’inspection prévoyait déjà les points à vérifier à la réception de cet équipement. Le contrôleur les valide ou les rejette : le contrôle était planifié, pas improvisé.

Field

L'état réel est photographié

Avant la fermeture des faux plafonds, une capture 360° enregistre ce qui est réellement en place et daté. Ce sera la preuve consultable quand plus rien ne sera visible.

SiteWalk

L'équipement entre au dossier de remise

Références, fiches techniques et date de mise en service sont collectées au fil de l’eau, puis livrées au client, avec un export COBie si l’exploitant l’exige.

Handover

La maintenance prend le relais

L’équipement devient un actif suivi : ordres de travail, interventions, documents. La donnée saisie en toiture continue de servir des années après la réception.

FM
Ce qu'il faut retenir

En résumé

Dalux ne se comprend pas comme une liste de fonctions, mais comme une stratégie d’entrée qui commande toute son architecture.

Trois idées à emporter. La plateforme entre par le terrain : deux produits gratuits et des invitations illimitées lèvent l’obstacle d’adoption qui fait échouer la plupart des déploiements, et c’est de là que découle tout le reste. Box et Field ne se remplacent pas : l’un gère le document qui fait foi, l’autre le constat localisé du quotidien, et confondre les deux conduit à un périmètre acheté de travers. Enfin, la continuité jusqu’à l’exploitation est son argument le plus fort et sa principale dépendance : elle ne vaut que si le client final reste dans l’écosystème, et elle se paie par des données hébergées chez l’éditeur, qu’il faut savoir récupérer le jour où l’on part.

La suite logique

Le processus que cette plateforme outille est décrit indépendamment de tout produit dans le suivi de chantier numérique, et sa destination naturelle dans le DOE numérique. Pour comparer avec une plateforme construite selon la logique inverse, Autodesk Build onglet par onglet. Le cadre normatif des états et des droits reste le CDE, et la question de l’hébergement des modèles est traitée dans six visionneuses IFC comparées.

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À explorer ensuite

Les guides qui prolongent naturellement celui-ci, dans d'autres sections du site.