La plupart des plateformes s'installent au bureau et espèrent atteindre le terrain. Dalux fait l'inverse : il commence par une application mobile gratuite et sans limite d'utilisateurs, puis remonte vers la gestion documentaire et l'exploitation. Cette inversion explique tout le reste : ses huit produits, son modèle économique, ses forces réelles et les limites qu'on découvre plus tard.
Comprendre Dalux suppose de saisir d’abord son point d’entrée. Là où une plateforme classique se déploie depuis la maîtrise d’œuvre vers l’aval, celle-ci commence par mettre un outil gratuit dans la poche de tous ceux qui sont sur site, puis étend son périmètre vers le bureau et l’exploitation.
Les deux produits gratuits. Ils servent à faire entrer tout le monde, y compris les sous-traitants qui ne paieront jamais de licence.
Le cœur de l’outil : ce qui se constate, se corrige et se contrôle sur site. C’est là que Dalux est le plus abouti.
La gestion des documents et des modèles, et la consultation des entreprises. Le versant qui ressemble le plus à un CDE classique.
La remise au client puis l’exploitation. C’est ce qui distingue une plateforme de chantier d’une plateforme de cycle de vie.
Une plateforme ne réussit pas parce qu’elle a les bonnes fonctions, mais parce que les gens l’ouvrent. En rendant l’accès gratuit et illimité pour les intervenants de terrain, Dalux règle le problème d’adoption qui fait échouer la plupart des déploiements, et que décrit le suivi de chantier numérique. Tout le reste de son architecture découle de ce choix, ses forces comme ses dépendances.
Ce que fait chacun, ce à quoi il se relie, et s’il est gratuit ou non. Filtrez par famille pour vous repérer.
Comme dans toute plateforme, rien n’a de valeur isolément : ce qui compte est la continuité. Dalux organise deux trajets, et c’est le second qui justifie la suite complète.
C’est l’argument le plus solide de la plateforme, et le plus difficile à vérifier avant de s’engager. Une donnée saisie sur le chantier peut servir vingt ans plus tard en exploitation, sans ressaisie : c’est précisément la promesse du cycle de vie de la donnée. Encore faut-il que le client final utilise le module d’exploitation. Si l’exploitant travaille sur un autre outil, cette continuité se rompt et la plateforme redevient un excellent outil de chantier, ce qui reste très bien, mais n’est plus le même achat.
C’est l’erreur la plus fréquente à la découverte de la plateforme, et elle coûte cher parce qu’elle porte sur le périmètre acheté. Les deux produits ne répondent pas à la même question, et l’un ne remplace jamais l’autre.
| Critère | Box | Field |
|---|---|---|
| Ce qu’on y range | Fichiers, plans, modèles | Tâches, inspections, observations |
| Nature de l’information | Documentaire et versionnée | Événementielle et localisée |
| Où on l’utilise | Au bureau, sur écran | Sur site, sur mobile |
| Qui l’alimente | Ceux qui produisent les livrables | Ceux qui exécutent et contrôlent |
| Version gratuite | Non | Oui, Field Basic |
| Équivalent normatif | Le CDE de l’ISO 19650 | Aucun : c’est du processus chantier |
Field ne remplace pas un CDE, et Box ne remplace pas un outil de terrain. Une organisation qui n’achète que Field se retrouve sans référentiel documentaire opposable et devra en tenir un ailleurs, avec le risque de double vérité que décrit la gestion documentaire de chantier. À l’inverse, n’acheter que Box revient à s’équiper d’un CDE de plus, sans capter ce qui fait la valeur propre de cette plateforme.
Deux produits gratuits, six payants : cette répartition n’est pas commerciale par hasard. Elle dessine précisément où passe la frontière entre constater et piloter.
Le gratuit couvre la consultation et le constat : voir un modèle, relever une réserve, l’assigner, la suivre. Sans limite d’utilisateurs, ce qui est la clé de l’adoption : un sous-traitant peut participer pleinement sans jamais rien payer. Le payant commence exactement là où l’on veut organiser le contrôle plutôt que le subir : plans d’inspection prédéfinis, registres de sécurité, gestion documentaire, remise et exploitation.
Tâches et invitations illimitées, plans et maquette inclus. Suffisant pour un suivi de réserves honnête sur un petit projet.
Le palier qui introduit le contrôle planifié, dont les plans d’inspection : on ne réagit plus, on vérifie ce qui était prévu.
Le palier le plus complet du volet chantier, avec notamment le suivi des écarts sur les plans d’essais.
Le modèle économique est sain, mais il faut le lire dans le bon sens : c’est l’organisation qui pilote qui paie, et elle paie pour la structure du contrôle, pas pour l’accès. La bonne question n’est donc pas « combien d’utilisateurs », puisque les invités sont gratuits, mais « ai-je besoin de contrôles planifiés, ou seulement de réserves ? ». Beaucoup d’équipes achètent un palier dont elles n’utiliseront jamais les plans d’inspection, faute d’avoir écrit ce qu’elles voulaient contrôler. Ce cadrage se fait en amont, dans la convention BIM.
Aucun outil n’est bon ou mauvais dans l’absolu : il a un profil. Voici le sien, sans superlatif commercial, pour que la décision se prenne les yeux ouverts.
Pour toute plateforme hébergée, la question décisive est la même : que puis-je récupérer, sous quelle forme, le jour où j’arrête de payer ? Un export exploitable et rattachable, ou une archive de PDF qui ne se relie plus à rien ? Elle ne figure jamais dans une démonstration commerciale, et elle décide de ce qui restera de plusieurs années de saisie. Le raisonnement complet est dans choisir sa chaîne d’outils.
Prenons comme exemple une centrale de traitement d’air posée en toiture. Suivez l’information à la trace, produit par produit.
Le bureau d’études dépose la maquette des fluides dans Box, avec sa version et ses droits d’accès. La validation de modèle signale au passage les équipements dont les propriétés sont incomplètes.
En toiture, le conducteur ouvre le modèle sur sa tablette et vérifie l’implantation réelle par rapport à ce qui était prévu, sans ordinateur ni licence.
Le socle est mal positionné : une tâche localisée est créée, photo à l’appui, et assignée à l’entreprise, qui répond depuis son mobile sans licence.
Un plan d’inspection prévoyait déjà les points à vérifier à la réception de cet équipement. Le contrôleur les valide ou les rejette : le contrôle était planifié, pas improvisé.
Avant la fermeture des faux plafonds, une capture 360° enregistre ce qui est réellement en place et daté. Ce sera la preuve consultable quand plus rien ne sera visible.
Références, fiches techniques et date de mise en service sont collectées au fil de l’eau, puis livrées au client, avec un export COBie si l’exploitant l’exige.
L’équipement devient un actif suivi : ordres de travail, interventions, documents. La donnée saisie en toiture continue de servir des années après la réception.
Dalux ne se comprend pas comme une liste de fonctions, mais comme une stratégie d’entrée qui commande toute son architecture.
Trois idées à emporter. La plateforme entre par le terrain : deux produits gratuits et des invitations illimitées lèvent l’obstacle d’adoption qui fait échouer la plupart des déploiements, et c’est de là que découle tout le reste. Box et Field ne se remplacent pas : l’un gère le document qui fait foi, l’autre le constat localisé du quotidien, et confondre les deux conduit à un périmètre acheté de travers. Enfin, la continuité jusqu’à l’exploitation est son argument le plus fort et sa principale dépendance : elle ne vaut que si le client final reste dans l’écosystème, et elle se paie par des données hébergées chez l’éditeur, qu’il faut savoir récupérer le jour où l’on part.
Le processus que cette plateforme outille est décrit indépendamment de tout produit dans le suivi de chantier numérique, et sa destination naturelle dans le DOE numérique. Pour comparer avec une plateforme construite selon la logique inverse, Autodesk Build onglet par onglet. Le cadre normatif des états et des droits reste le CDE, et la question de l’hébergement des modèles est traitée dans six visionneuses IFC comparées.
Les guides qui prolongent naturellement celui-ci, dans d'autres sections du site.
Des milliers de photos, des centaines de formulaires, des réserves relevées puis levées. Puis la réception arrive, et le dossier d'ouvrages exécutés se constitue à côté, par quelqu'un d'autre, à partir de rien. Le gaspillage le plus spectaculaire du projet se produit là.
Arrêtez de subir les 13 onglets : ce guide vous montre à quoi sert chaque module, comment ils s'alimentent entre eux, et la différence décisive entre l'échéancier (Schedule) et les plans de travail (Plan).
Les comparatifs classent les visionneuses par fonctions. Ils passent sous silence la question qui devrait venir en premier : où part le fichier quand vous l'ouvrez. Certaines ne le font sortir de nulle part, d'autres le déposent chez un éditeur. Ce guide compare six outils sur ce critère d'abord, puis sur l'usage auquel chacun est réellement taillé.