Arrêtez de subir les 13 onglets : ce guide vous montre à quoi sert chaque module, comment ils s'alimentent entre eux, et la différence décisive entre l'échéancier (Schedule) et les plans de travail (Plan).
Chaque onglet appartient à une « famille ». Comprendre ces familles, c’est comprendre la circulation de l’information sur un projet : on documente le projet, on relève ce qui se passe sur le terrain, on coordonne les décisions, on planifie, puis on livre les équipements.
Le tableau de bord : point d’entrée et vue synthétique de l’activité du projet.
La « source de vérité » : tous les documents, plans publiés et spécifications techniques.
Ce qu’on relève sur site : réserves, inspections, comptes rendus visuels.
Les échanges formels et tracés entre entreprise, maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage.
Le calendrier long terme et les plans de travail court terme du chantier.
Le registre des équipements, de la mise en service jusqu’à la remise du bâtiment.
Le rôle de chaque module, son usage concret et ses connexions avec les autres. Filtrez par famille pour vous repérer en un clin d’œil.
Rien n’est isolé : chaque information saisie en alimente une autre. Comprenez ces trois flux et vous avez compris le logiciel. C’est d’ailleurs exactement la logique que formalise l’ISO 19650 avec son environnement commun de données.
Dans Autodesk Build, l’onglet Schedule contient deux objets qu’il ne faut pas confondre : l’échéancier importé (le « Schedule » au sens strict) et les Plans de travail. Ils répondent à deux questions différentes.
| Critère | Schedule (échéancier) | Plan (plan de travail) |
|---|---|---|
| Question posée | Quand chaque phase doit-elle finir ? | Que fait chaque équipe dans les 3 prochaines semaines ? |
| Horizon | Long terme (le projet entier) | Court terme (quelques semaines) |
| Origine | Importé (P6, MS Project…) | Créé directement dans Build |
| Qui le tient | Planificateur / OPC | Conducteurs de travaux & équipes terrain |
| Granularité | Phases & jalons | Tâches détaillées, assignées, par zone |
| Rythme de MàJ | Ponctuel (révisions du planning) | Hebdomadaire, collaboratif |
| Rôle | Le cap contractuel | La production concrète pour tenir ce cap |
Un Plan de travail peut être rattaché à l’échéancier maître grâce au bouton « Connect to Schedule ». On relie alors chaque tâche court terme aux activités et jalons du planning long terme. Bénéfice : on vérifie en continu que ce que les équipes prévoient de faire reste aligné sur les échéances contractuelles, et l’avancement réel du terrain vient nourrir la lecture du planning global. En résumé : le Schedule fixe le cap, le Plan organise la navigation semaine après semaine pour l’atteindre.
La pose d’un tableau électrique au 3ᵉ étage : suivez l’information à la trace, onglet par onglet, de la planification à la remise des clés.
Dans Schedule, l’échéancier prévoit « second œuvre électrique niveaux 2-4 » sur une phase donnée.
Un Plan (lookahead 3 semaines) détaille la tâche « Panelboard rough-in L3 », l’assigne à l’entreprise d’électricité et la connecte à l’échéancier.
Le tableau doit respecter une exigence de Specifications ; l’entreprise dépose la fiche technique en Submittals, la maîtrise d’œuvre l’approuve.
L’implantation est incertaine : une RFI est ouverte, localisée sur le plan dans Sheets. La réponse est archivée.
À l’exécution, un autocontrôle est rempli via Forms, des Photos documentent le travail. Un défaut ? Une Issue est créée et assignée.
Les points ouverts sont revus en Meetings (avec action items) ; toute notification formelle passe par Correspondence.
Le tableau devient un Asset : checklist de mise en service via Forms, documents O&M dans Files, prêt pour la réception et l’exploitation.
Les guides qui prolongent naturellement celui-ci, dans d'autres sections du site.
La norme dont tout le monde parle, expliquée sans jargon : qui demande quoi, qui livre quoi, et comment l'information est validée avant d'être partagée. Après ce guide, l'ISO 19650 ne vous impressionnera plus.
Trois personnes disent « on fait du BIM » et parlent de trois choses différentes, sans s'en apercevoir. Ce guide démêle d'abord ce malentendu, puis montre ce qui distingue réellement un objet de maquette d'une forme en 3D, et ce que la méthode ne résoudra pas.
La numérotation suggère une progression, comme si l'on gravissait des niveaux. C'est faux : un projet peut faire un excellent 4D et aucun 5D. Ce ne sont pas des paliers de maturité, ce sont des usages indépendants greffés sur la même maquette.