« Convertir un projet Revit en Archicad » n'existe pas. On n'échange pas un projet, on échange pour un usage, et selon l'usage la réponse va de « ça marche très bien » à « ce n'est pas la bonne question ». Voici les trois cas, et la méthode pour chacun.
La demande arrive toujours formulée de la même façon : « comment passer ce projet de Revit à Archicad ». Elle n’a pas de réponse unique, parce qu’elle recouvre trois intentions très différentes.
Récupérer une maquette pour s’en servir de référence, la reprendre pour continuer à la modifier, ou en transférer définitivement la production à une autre équipe : ce sont trois situations distinctes. La première est un problème résolu, la deuxième repose sur un malentendu, et la troisième n’est pas un problème d’export mais un projet à part entière.
Tant que l’intention n’est pas nommée, la discussion tourne en rond et se conclut généralement par « l’IFC perd tout », ce qui est faux et empêche de traiter le vrai sujet.
Qu’est-ce que le destinataire doit pouvoir faire avec ce modèle ? Le regarder et s’y caler, le modifier, ou en devenir responsable ? Les réglages d’export ne se choisissent qu’après cette réponse, jamais avant.
Chacune a sa méthode, son coût et son verdict. Les confondre est la source de toutes les déceptions sur ce sujet.
Le cas 2 est celui qui alimente toutes les rumeurs sur l’incompatibilité des deux logiciels. Or l’IFC n’a jamais eu pour but de permettre l’édition croisée : c’est un format de livraison, pas un format de travail. Lui reprocher de ne pas faire d’aller-retour revient à lui reprocher de faire exactement ce pour quoi il est conçu.
Il n’existe pas de passerelle native entre les deux logiciels. L’échange passe par l’IFC, avec ou sans outil d’appoint.
La voie standard consiste à exporter en IFC depuis le producteur et à importer chez le destinataire, chacun réglant son côté. C’est la voie robuste et durable, celle qui fonctionne quel que soit l’interlocuteur, y compris avec un troisième logiciel demain. Elle demande de savoir régler ses exports, sujet traité dans le guide sur l’export IFC depuis Revit.
La voie outillée existe également : Graphisoft publie un add-in gratuit pour Revit, IFC Model Exchange with Archicad, mis à jour chaque année pour suivre les versions. Il ajoute trois fonctions : un import IFC dont l’interprétation des modèles architecturaux est améliorée, une fonction de liaison qui insère un modèle IFC dans le projet Revit en référence non modifiable, et un export IFC spécialement préparé pour Archicad.
Notez qui le publie : c’est l’éditeur d’Archicad qui fournit l’outil, et il tourne dans Revit. C’est un connecteur dédié au sens du guide sur les chaînes d’outils, avec le profil de risque correspondant : il dépend d’un tiers et d’un rythme de mise à jour. Ici le tiers l’entretient annuellement, ce qui est le cas favorable. Gardez malgré tout la voie standard comme solution de repli.
Voici la répartition réelle, valable dans les deux sens. Elle tient à la nature du format d’échange, pas à une faiblesse de l’un ou l’autre logiciel.
Tout ce qui figure à gauche peut quand même manquer si l’export n’a pas été réglé pour l’emporter : propriétés non mappées, objets en catégorie générique, éléments non rattachés à un étage. La colonne de droite est une propriété du format ; la colonne de gauche est votre responsabilité.
Tout le monde travaille son export et presque personne son import. C’est pourtant une opération symétrique, et le destinataire a lui aussi des réglages qui décident de ce qu’il obtient.
Un fichier IFC arrive avec ses entités et ses property sets, et le logiciel receveur doit décider comment les interpréter : quel objet natif correspond à quelle entité, où ranger les propriétés reçues, comment traiter la hiérarchie spatiale. Ces correspondances sont paramétrables des deux côtés, et leurs valeurs par défaut ne conviennent pas toujours.
D’où une conséquence pratique : une jonction se règle à deux. Un producteur qui optimise son export sans jamais voir le résultat chez le destinataire travaille à l’aveugle, et un destinataire qui se plaint sans avoir touché ses réglages d’import se plaint à moitié pour rien.
Référence, édition ou transfert : la réponse conditionne tout le reste. Ne réglez rien avant d’avoir tranché ce point.
Quelles propriétés doivent arriver, sur quels objets, dans quels jeux. Cet accord se prend entre les deux équipes, pas dans un logiciel.
Le producteur prépare son fichier, le destinataire ajuste ses correspondances d’import. Les deux réglages se conservent et se réutilisent.
Un fragment du projet en cours, jamais un fichier de démonstration. Vérifiez trois objets de trois lots, typage, rattachement et propriétés.
Ce qui passe, ce qui ne passe pas, quels réglages ont été retenus de chaque côté. C’est le document qui évite de refaire ce travail au prochain projet.
Elles ont un point commun : elles consistent à traiter un problème d’organisation avec des réglages de logiciel.
Le réglage détaillé du départ est traité dans exporter un IFC propre depuis Revit, et ce que le format transporte réellement dans le format IFC. Pour situer cette jonction dans l’ensemble de votre chaîne, voyez choisir sa chaîne d’outils. Et si la question sous-jacente est celle du choix d’un modeleur, allez voir Revit ou Archicad, ou décodez la logique interne de chacun avec Revit décodé et Archicad décodé.
Les guides qui prolongent naturellement celui-ci, dans d'autres sections du site.
Un export IFC n'est pas un enregistrement, c'est une traduction. Tant que vous ne décidez pas comment Revit traduit, il décide à votre place. Voici les trois réglages qui font 90 % du résultat, et la logique derrière, valable quelle que soit votre version.
Non, l'IFC n'est pas « le PDF de la maquette ». C'est une base de données structurée qui transporte vos objets et leurs propriétés d'un logiciel à l'autre. Comprendre ce qu'il contient vraiment, c'est arrêter de subir les exports ratés.
Sur les quatre-vingts pour cent d'usages courants, les deux font le travail. Demander lequel est le meilleur n'a donc pas de réponse. La bonne question est ailleurs : quelle contrainte de votre contexte n'est pas négociable ? Voici une méthode de décision, pas un verdict.